JOSEPH KABILA EST PRÊT A TRANSFORMER LA R.D.CONGO EN UN ABATTOIR, POURVU QU’IL SE MAINTIENNE AU POUVOIR: PLUS DE 12 MORTS, UNE CENTAINE DE BLESSES, 69 ARRESTATIONS ET 16 BÉBÉS INTOXIQUES AU GAZ LACRYMOGÈNE A LA MATERNITE DES SŒURS DE BINZA, SELON LE BILAN PROVISOIRE DE LA RÉPRESSION VIOLENTE DE LA MARCHE OEUCUMENIQUE, CITOYENNE ET NATIONALE DU 21 JANVIER 2018

entete 21 janvier 2018

Les catholiques, les protestants, les musulmans congolais ont marché, au péril de leur vie, pour revendiquer leur dignité de femmes et hommes libres, ce 21 janvier 2018, dans une marche chrétienne devenue, par la suite, œcuménique, citoyenne et nationale.

Le premier bilan de la répression violente est très lourd: selon des sources de l’Église Catholique et de la Mission de l‘Onu au Congo, Monusco en sigle, il y aurait déjà 12 morts fauchés par des balles réelles tirées à bout portant contre les manifestants pacifiques, une centaine de blessés et plus de 69 arrestations. Certains corps ont été emportés dans des camions militaires et ils seront jetés dans le fleuve Congo ou bien ensevelis anonymement dans des fosses communes, comme les forces du désordre ont l’habitude d’opérer pour d’effacer les traces de leurs crimes.

kabatansthi tue le 210118

kabatansthi 2 tue le 210118

KABATANTSHI Isaac, abattu par la GR sur le boulevard Lumumba à Kingasani, quartier 3 au coin de l’avenue Basoko. Père de sept enfants dont un bébé de trois mois, Mr Kabatansthi est un combattant qui prenait pacifiquement part à la marche du 21 janvier organisée par le CLC. Ayant pris part à la messe à la paroisse saint Marc de Kingasani, Isaac s’est éteint à la suite d’une fusillade de la GR venue appuyée la police qui était débordée et ne savait plus arrêter l’élan et l’engagement des habitants de la Tshangu.

 

kabatansthi 3 tue le 210118

C’est le cas d’un sympathisant de TELEMA EKOKI Isaac KABATANTSHI, un homme de 42 ans tué par balle ce 21 janvier 2018, au niveau de l’Avenue Lubua, sur le Boulevard Lumumba, à Kinshasa, dont le corps sans vie a été emporté par des militaires, contre la volonté de son père, présent sur place.

Une jeune fille de 22 ans, Thérèse Mwanza a été tuée, à bout portant, à l’intérieur de l’Eglise Saint François de Kitambo, alors qu’un jeune élève de 15 ans a été blessé à la tête, à Lemba, toujours à l’intérieur d’une Eglise.

THERESE TUE A SAINT FRANCOIS
Paix éternelle à cette jeune fille, Thérèse Mwanza Kapangala (Dechade), 22 ans. Elle était aspirante religieuse et devait porter son foulard de sœur en juillet de l’année en cours. Elle a été tuée d’une rafale de mitraillette ce 21 janvier 2018 dans la Paroisse Saint François de la Sales de Kitambo en marge de la marche pacifique des chrétiens. Elle était fille d’un policier!

therese morte a kitambo

BEBE

16 nourrissons de la Maternité des Sœurs de Binza, qui se trouve à coté de l’Église du Saint Sacrement de Delvaux, à Kinshasa, ont été gravement intoxiqués par le lancement, à l’intérieur de la maternité, de 8 gaz lacrymogènes, lancé d‘une manière criminelle et incontrôlée par les forces du désordre: la vie de 16 bébés intoxiqués a été mise gravement en danger et un nourrisson a du être réanimé, son pronostique vital restant encore engagé.

BINZA

La marche des Chrétiens à Binza Delvaux avec lancement de gaz lacrymogène dont 8 cartouches ont touché la maternité de Soeurs de Binza

Pour TELEMA EKOKI, Le pouvoir sanguinaire et liberticide a décidé de transformer la ville de Kinshasa en un enfer déjà la veille de la deuxième marche des chrétiens, ce 20 janvier 2018.
Des check points érigés un peu partout ont paralysé la ville de Kinshasa, créant des embouteillages monstrueux et une circulation tellement anarchique et incontrôlée que des graves accidents mortels de circulation sont survenus, comme celui d’un taxi bus à Ngaba, à Kinshasa, qui a provoqué la mort de 16 passagers.
Les kinois ont subi des fouilles, pendant des heures, accompagnées des vols habituels d’argent et téléphones portables: c’était un exemple de plus de la « chosification » des congolais dont les forces du désordre affectionnent l‘exercice, avec le but d‘imposer un climat de peur et de terreur. Les policiers bloquaient les véhicules en n’importe quelle position dans les avenues de la capitale, complètement indifférents aux files monstrueuses de véhicules qui se formaient derrière eux.

Le Pasteur Efoko de l’Église de christ au Congo n’a-t-il pas dit qu’il n y a plus d’État en RDC ? Et pour avoir dit la vérité sur la situation catastrophique de la RDC, lors de la dernière prêche à la Cathédrale du Centenaire, le doyen de la Faculté de Théologie de l’Université protestante est obligé d’entrer dans la clandestinité pour se protéger des menaces de mort.

Que cherchaient-ils au juste?

Les bibles, les chapelets ou bien les croix que les chrétiens allaient arborer le lendemain, telles des armes de « destruction massive », pendant la marche interdite des chrétiens qui revendiquent pacifiquement leur liberté? Probablement, comme est-il aussi possible que ces barrages généralisés dans une ville de 10 millions d’habitants visaient à arrêter les prêtres, les opposants qui ont soutenu publiquement la marche et surtout les membres du Comité Laïc de Coordination, le groupe d’intellectuels chrétiens catholiques qui ont appelés les congolais à marcher, encore une fois, le 21 janvier 2018, pour exiger la décrispation politique, et qui sont tous, à leur tour, sous le coup de mandats d’amener après avoir revendiqué la libération des prisonniers politiques et l’exercice du droit à manifester, confisqué arbitrairement en RDC depuis des années.

Ce 21 Janvier 2018, les congolais se sont réveillé au son des cloches à 6h30, alors que le régime Kabiliste, pour le deuxième fois en trois semaine, venait de couper complètement l’internet, sur l’ensemble du territoire national: « Silence, on tue ! ».

Les messes ont été dites très tôt le matin et les congolais ont affloué nombreux dans les paroisses, malgré le déploiement massif de militaires lourdement armés devant les portails des églises.
Les chrétiens de l’Église Saint Joseph de Matonge se sont mis en exergue par leur héroïsme: malgré les menaces et les tirs à balles réelles qui ont blessé au moins 12 paroissiens, ils ont marché, nombreux, arborant les enseignes sacrées: les uns les croix, les autres les chapelets ou bien les bibles. Des chants liturgiques ont défié les tirs incontrôlés de gaz lacrymogènes mais, malgré la violence incompréhensible et incontrôlée des militaires apostés en position de tir devant eux, les chrétiens de Saint Joseph ont marché, les abbés et les sœurs en première ligne, pour dire NON à M. Joseph Kabila, l’autocrate barbare qui souille les tabernacles, qui tues les chrétiens, pourvu qu’il confisque le pouvoir par la force.

A l’Église Saint Augustin la même scène héroïque s’est reproduite, avec les chrétiens catholiques en procession, dont beaucoup ont été blessés (plus de 10) alors qu’ils marchaient avec des branches de palmiers à la main, en chantant des hymnes sacrés.

Dans certaines églises les chrétiens ont été séquestrés à l’intérieur des paroisses, pendant des heures sans possibilité d’en sortir, comme à l’Église Saint Luc, afin qu‘ils ne marchent pas.

A l’Église Saint François de Kitambo une jeune fille de 22 ans a été tuée par balle à l’intérieur de l’Église alors qu’à Lemba, une jeune homme de 15 ans a été gravement blessé à la tête toujours à l’intérieur pas loin de l’autel.

Mais selon les membres de TELEMA EKOKI participant à la marche dans les quartiers très populaires de Masina, Kimbanseke et Kingasani, surtout près du marché de la Liberté, la force brute des Bana Moura n’a pas réussi à freiner les habitants déterminés de ces quartiers périphériques de la capitale congolaise.
A Limete aussi, près de l’ Échangeur, un bastion de l’opposition politique à Kinshasa, la population à marché pour revendiquer son droit de souverain primaire suspendu depuis septembre 2016.

A Lubumbashi, Kisangani, Goma et Beni et bien d’autres villes les congolais ont aussi affronté la répression brutale, manifestant pacifiquement au péril de leur vie.

Malgré la coupure total de l’internet et des SMS, décidée par le régime Kabila pour tuer à huis clos, à l’abri de l’œil critique de l’opinion publique nationale et internationale, les premières informations qui sont parvenues à TELEMA EKOKI font état d’une adhésion massive des congolais à la marche des chrétiens. S’érigeant en mur infranchissable face aux bourreaux qui veulent confisquer le pouvoir par la force, les congolais ont mélangé les chants religieux à ceux plus politiques, exigeant le départ d’un « président » hors mandat, illégitime et illégal et qui n’a aucune intention d’organiser des élections deux ans après la fin de son dernier mandat.

Tout un appareil militaire a été déployé ce 21 janvier 2018 pour empêcher le peuple congolais de réclamer ses droits et son refus catégorique de vivre dans une immense prison à ciel ouvert.
Malgré l’ordre donné de tirer à balles réelle sur des manifestants pacifiques et désarmés, les congolais ont démontré qu’ils sont de plus en plus nombreux à réclamer le départ d’alias Joseph Kabila, leur bourreau nécrophile qui n’hésite pas à transformer leur pays, béni de Dieu, en un enfer de terreur, massacres, violence, insalubrité, 4.000.000 de déplacés internes, famine et injustice pourvu qu’il se maintienne coûte que coûte au pouvoir, ivre des milliards détournés et de la jouissance d’un pouvoir désormais absolu.

Les congolais ont dit « NON » à alias Joseph Kabila, et ils continueront à résister pacifiquement, chaque fois plus nombreux, sans jamais reculer, jusqu’ au départ définitif du despote, dont les mains sont tachées avec le sang de nos martyrs.

Que Dieu bénisse la République Démocratique du Congo,

Fait à Kinshasa, le 22/01/2018

TELEMA EKOKI,
LA VOIX DU PEUPLE CONGOLAIS

 

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RD Congo: face à Kabila, le cardinal Monsengwo, un «joker» inattendu / COLETTE BRAECKMAN – LE SOIR

RD Congo: face à Kabila, le cardinal Monsengwo, un «joker» inattendu

DANS CET ARTICLE
Le cardinal de Kinshasa, Laurent Monsengwo, jouit d’un large prestige moral auprès de la population congolaise.

Le cardinal de Kinshasa, Laurent Monsengwo, jouit d’un large prestige moral auprès de la population congolaise. – Photo News.

La société civile, combien de divisions aligne-t-elle ? La classe politique, depuis le décès d’Etienne Tshisekedi, quel leader incontestable, capable de faire descendre les foules dans la rue, peut-elle présenter ? Les pressions internationales, que signifient-elles ? Avec le soutien de la Chine, de la Russie, des voisins africains et peut-être de la France, il y a moyen de contrer les opposants d’autant plus que les Etats, quels qu’ils soient, ont plus d’intérêts que de principes…

Sur le « terrain de jeu » congolais, voici quelques semaines encore, Joseph Kabila, longtemps sous-estimé et enfin révélé dans sa vraie dimension, était incontestablement le plus fort. Arrivé au pouvoir en janvier 2001, il s’était révélé un bon élève de Mobutu, lui-même disciple de Machiavel : capable de diviser une classe politique vulnérable, comptant sur l’efficacité de ses services de renseignement et la capacité de répression de ses forces de sécurité. Tablant sur la bonne volonté des évêques congolais qui s’étaient proposés comme médiateurs, il avait même cru, avec eux aussi, pouvoir jouer au plus malin, retarder autant que possible les échéances électorales et ne pas tenir ses promesses de libération des détenus politiques.

Rôle social

Ayant grandi en Tanzanie, Joseph Kabila, malgré une épouse très croyante, aurait-il sous estimé la capacité de mobilisation de l’Eglise catholique, la puissance de ses réseaux associatifs, de ses relais internationaux ? N’aurait-il pas mesuré le fait que dans ce pays où l’Etat incarne plus l’extorsion et la contrainte que le bien commun, c’est l’Eglise catholique, aux côtés des autres confessions religieuses, qui assure une grande part des services sociaux, de l’enseignement, de la santé ?

Avoir donné à la conférence épiscopale le sentiment d’avoir été flouée après l’accord de la Saint-Sylvestre a représenté une erreur politique qui n’a pas pu être corrigée par la publication de la loi électorale. Mais il y eut pire : avoir porté la violence à l’intérieur des églises – gaz lacrymogènes, tirs à balles réelles et à bout portant sur des chrétiens en prière, arrestations – ressemble fort à une erreur fatale.

Car face au rusé président, poussé à la faute par la manifestation des laïcs chrétiens, le 31 décembre dernier, l’Eglise a sorti son joker, et il est de taille : Monseigneur Monsengwo est monté en ligne. Le cardinal de Kinshasa, indigné par les violences, n’a pas mâché ses mots : « barbarie », « mensonges systémiques » « brutalités policières ». Avec une conclusion accablante, qui vise peut-être toute la classe dirigeante congolaise : « que les médiocres dégagent ».

Le pouvoir a beau démontrer que le prélat avait rencontré à Bruxelles des chefs de l’opposition (dont Moïse Katumbi) et suggérer qu’il y aurait eu manœuvre concertée, rien n’y fera : au Congo comme à Rome, le jugement de Laurent Monsengwo Pasinyia sera considéré comme parole d’Evangile et il fera date.

Figure marquante

En effet, l’archevêque de Kinshasa est à la fois un très haut dignitaire de l’Eglise catholique et une figure marquante de la vie politique congolaise.

Originaire du Bandundu, Laurent Monsengwo, 78 ans, part pour Rome après ses études au grand séminaire de Kabwe et obtient un doctorat en Ecriture sainte à l’Institut biblique pontifical. Intellectuel de haut niveau, il maîtrise le latin, le grec mais aussi l’hébreu, l’araméen et d’autres langues anciennes. Nommé évêque auxiliaire à Inongo puis archevêque à Kisangani, cet aristocrate de l’Eglise ne sillonnera pas beaucoup les brousses abandonnées et les paroisses rurales car en 1984 déjà il est élu président de la conférence épiscopale du Zaïre. Après qu’en 1991 le président Mobutu a décrété la fin du parti unique, la Conférence nationale souveraine sera l’occasion d’un immense « examen de conscience » national au cours duquel s’exprimeront toutes les forces vives de la nation. Voix nasillarde et timbre assuré, « Monseigneur » est élu président de la CNS- Conférence nationale souveraine – dont il dirige les travaux avec autorité. Alors que le président Mobutu, assailli par les critiques, perd peu à peu le contrôle de la situation, qu’Etienne Tshisekedi, élu Premier ministre, refuse d’assumer ses responsabilités et multiplie les manœuvres dilatoires, l’évêque de Kisangani semble être la seule personne sensée de cette fin de règne. Prudent, il refuse même de publier les conclusions des commissions consacrées aux « biens mal acquis » et aux assassinats. Son sens de l’Etat lui vaudra, de 1992 à 1996, d’être président du Haut-Conseil de la République, érigé en Parlement de transition.

La fin du président Mobutu semble alors inéluctable : le « Guide » est miné par le cancer, il est incapable de faire face à l’avancée des troupes rebelles qui progressent inexorablement vers Kinshasa. Dans une ultime tentative, la France proposera même que l’évêque de Kisangani se voie confier, provisoirement, les rênes de l’Etat, mais il est trop tard : le 17 mai 1997 les rebelles entrent dans Kinshasa, Mobutu s’enfuit, Laurent Désiré Kabila devient président, une page est tournée.

« Mon pouvoir est supérieur »

Serein, Monseigneur Monsengwo retourne à ses charges ecclésiastiques, à son diocèse, puis il est élu président du symposium des conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar et vice président de Pax Christi. Il déclarera plus tard « je n’envie pas le pouvoir politique… Si je le voulais, je l’aurais pris en 1997, avec la chute de Mobutu mais je ne l’ai pas fait car mon pouvoir ecclésiastique est mille fois supérieur au pouvoir politique. »

De fait, l’Eglise catholique a besoin de cet intellectuel brillant, de cet homme d’expérience, qui n’a cependant jamais rejoint la théologie de la libération et Benoît XVI, lors du consistoire du 20 novembre 2010, l’élève au rang de cardinal.

A cette occasion, on mesure combien le pouvoir de Kinshasa mesure mal le fonctionnement de l’Eglise : dans un premier temps, par des manœuvres de coulisses, la présidence tente d’influencer la diplomatie vaticane afin d’empêcher la promotion de cet homme jugé trop proche des anciens de l’UDI (union des démocrates indépendants), des conservateurs. Cette tentative s’étant soldée par un échec prévisible, elle est remplacée par les grandes orgues : à grands frais, une importante délégation est envoyée à Rome pour célébrer l’événement et par la suite le nouveau prince de l’Eglise sera accueilli en grande pompe à Kinshasa.

Discret sur le plan politique, le cardinal Monsengwo poursuit son ascension au sein de l’Eglise catholique : il participe au conclave qui élit le pape François en 2013, puis, en signe de confiance, ce dernier le choisit pour représenter l’Afrique au sein d’un groupe de huit prélats chargés de l’épauler dans la réforme de la Curie romaine.

Au courant de tout

Malgré ses responsabilités au sein de l’Eglise, le cardinal de Kinshasa demeure l’un des hommes les mieux informés du pays : il rencontre régulièrement les évêques des autres diocèses et des 160 paroisses de Kinshasa remontent toutes les informations de la base. Il n’ignore rien des carences de l’Etat, des coupures d’eau et d’électricité, des hôpitaux défaillants, des écoles dont les élèves sont chassés s’ils ne peuvent payer le minerval. Il sait que la violence a déplacé quatre millions de citoyens, et que, plus que jamais le Congo ressemble au Zaïre de Mobutu, « un pays où tout se vend et tout s’achète ».

Mais le cardinal sait aussi qu’à l’abri des églises se rassemble la nouvelle génération. Des jeunes qui refusent la corruption du système, qui luttent pour le changement, et qui réagissent au quart de tour lorsque la conférence épiscopale déclare, après l’échec des négociations, que les citoyens devront « se prendre en charge » et qu’un « plan B » sera mis en œuvre.

Nous y voilà. Longtemps préparé dans l’ombre, le mouvement « Telema Ekoki » (Mettez-vous debout) est désormais lancé et l’appel des laïcs n’est que la face visible d’une vague de fond qui secoue le pays et qui pourrait déboucher sur une « transition sans Kabila », c’est-à-dire un pouvoir intérimaire.

Pour diriger cette « TSK » qui se traduirait par de nouvelles tractations politiques, le temps d’organiser de futurs scrutins, plusieurs noms sont cités, dont celui du Docteur Mukwege ou de l’archevêque de KInshasa. Reste à savoir si ces hommes d’expérience sont réellement tentés par cette aventure à hauts risques et ne préféreront pas préserver une posture morale qui les place au-dessus de la bataille…

Le soutien des protestants

 COLETTE BRAECKMAN ET C.B.

Alors que le Comité de concertation des laïcs chrétiens a appelé à une nouvelle manifestation le 21 janvier prochain, les positions de l’Eglise catholique ont obtenu un renfort inattendu. Lors des commémorations marquant le 17e anniversaire de l’assassinat du président Laurent-Désiré Kabila, le pasteur protestant François David Ekofo, s’exprimant face à tous les dignitaires du régime – dont le Premier ministre et l’épouse du président Kabila – dans la cathédrale du Cinquantenaire, a tenu des propos ressemblant à ceux du cardinal Monsengwo. Il a demandé aux dirigeants « de léguer à nos enfants un pays où l’Etat existe réellement » et jugé inadmissible « le fait de dépenser le peu de devises que le pays possède pour importer de la nourriture alors que seuls 10 % des terres potentiellement arables sont exploitées ». Il a aussi suggéré au chef de l ’Etat de « passer le bâton à un autre ». La télévision nationale, qui retransmettait la cérémonie, a interrompu ses émissions.

http://plus.lesoir.be/134620/article/2018-01-17/rd-congo-face-kabila-le-cardinal-monsengwo-un-joker-inattendu


Le soutien des protestants

 COLETTE BRAECKMAN ET C.B.

Alors que le Comité de concertation des laïcs chrétiens a appelé à une nouvelle manifestation le 21 janvier prochain, les positions de l’Eglise catholique ont obtenu un renfort inattendu. Lors des commémorations marquant le 17e anniversaire de l’assassinat du président Laurent-Désiré Kabila, le pasteur protestant François David Ekofo, s’exprimant face à tous les dignitaires du régime – dont le Premier ministre et l’épouse du président Kabila – dans la cathédrale du Cinquantenaire, a tenu des propos ressemblant à ceux du cardinal Monsengwo. Il a demandé aux dirigeants « de léguer à nos enfants un pays où l’Etat existe réellement » et jugé inadmissible « le fait de dépenser le peu de devises que le pays possède pour importer de la nourriture alors que seuls 10 % des terres potentiellement arables sont exploitées ». Il a aussi suggéré au chef de l ’Etat de « passer le bâton à un autre ». La télévision nationale, qui retransmettait la cérémonie, a interrompu ses émissions.